Hommages à nos inventeurs

Taille-sapin robotisé

Suite à la construction d’une autoroute près de chez lui alors qu’il habitait St-Étienne-des-Grès, Michel, dérangé par le bruit incessant des véhicules, a décidé d’aller s’installer quelques kilomètres plus loin. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé avec une terre et des bâtiments de ferme. En faisant le tour de sa terre, il s’est rendu compte que l’ancien propriétaire y cultivait des sapins de Noël. En tout, il y en avait environ 4,000. Un jour, un type se présente à lui et lui offre de lui acheter le lot. La transaction est rapidement conclue, à prix dérisoire. Un voisin lui a suggéré qu’il devrait se lancer dans la production de sapins, que ça pouvait être très rentable et qu’il avait l’emplacement pour. Voulant en connaître un peu plus à ce sujet, Michel est devenu membre de l’Association des producteurs d’arbres de Noël. Il s’est ensuite rendu visiter une plantation et en est revenu avec 5,000 pousses qu’il a planté. Un peu plus tard, il en avait planté 10,000 de plus. Et en 1997, sa plantation comptait 125,000. Mais chaque année, de la fin juillet au début septembre, il faut tailler ces arbres pour leur donner la forme conique que les gens aiment tant durant la période des fêtes. Pour ce faire, ils devaient engager des tailleurs qui travaillent avec des machettes de 16 à 20 pouces de long. Le problème est qu’il est difficile de dénicher des bons tailleurs et bien souvent, la taille est belle le matin, mais déficiente un peu plus tard dans la journée. Il est difficile de garder le même rythme et le même angle de mouvement pendant 8 heures d’affilée. Et quand un arbre est mal taillé, on doit attendre une année supplémentaire avant de le tailler à nouveau. Michel Paquette n’en pouvait plus de cette perte de temps et surtout du manque de rigueur de ces employés saisonnier qui n’ont pas nécessairement la même notion de la qualité que le patron qui paie leur salaire. Un soir, après avoir fait le tour de sa plantation, il en a eu assez et a congédié les employés. Il est allé s’asseoir avec une bonne bière, comme il le dit lui-même, et s’est mis à réfléchir à un appareil qu’il pourrait installer en avant de son tracteur et qui lui permettrait de faire lui-même le travail. À partir de cet instant, son invention a tranquillement commencé à prendre forme dans sa tête. Il est ensuite allé rencontrer un bon « patenteux » ayant de très bonnes connaissances dans le domaine de l’hydraulique et ensemble, ils ont développé le premier prototype de son taille-sapin. Ce n’était pas parfait, mais ça faisait le travail mieux que les humains et ça ne se plaignait jamais. À un moment donné, il a même demandé à deux gros producteurs, également membres de l’Association, de venir le rencontrer avec leurs deux meilleurs tailleurs de sapins. Pendant que les deux tailleurs s’exécutaient dans une rangée, lui faisait de même dans l’autre. Ils sont arrivés ensemble au bout du rang sauf qu’il n’y avait aucune comparaison au niveau de la qualité de la taille. En plus d’avoir tout fait seul sans se fatiguer, la coupe de tous ses sapins était uniforme. Entretemps, il avait pris soin de bien protéger son invention avec des brevets, au Canada et aux Etats-Unis. Il n’a jamais cessé d’améliorer son appareil de sorte qu’aujourd’hui, il peut même s’en servir pour tailler les haies de cèdres. En plus, avec ce dernier modèle, il a amélioré le temps de taille de 75% de sorte qu’il peut maintenant tailler de 1,200 à 1,400 arbres en 8 heures. Aujourd’hui, il en est rendu au stade de la commercialisation, mais ne sait pas encore ce que sera sa décision finale. Va t-il commercialiser son appareil ou devenir le meilleur producteur de sapins de Noël, grâce à sa technologie. Beau dilemme !