Hommages à nos inventeurs

Le jeu « La fièvre du football »

Aujourd’hui, à 64 ans, Michel ne se considère plus comme un créateur de jeux de société mais beaucoup plus comme un artiste, un compositeur. Son instrument favori, ce sont des dés et un carton quadrillé avec lesquels il compose ses jeux. Il nous raconte son histoire. Le premier jeu que j’ai inventé, celui qui m’a donné la piqûre, c’est « La fièvre du football » en décembre 1983. J’ai 35 ans et je viens de comprendre pourquoi, depuis mon plus bas âge, ce que j’aime faire le plus, c’est jouer. Même que j’inventais déjà mes premiers jeux, mais sans en être conscient. C’était juste un jeu pour moi d’essayer d’améliorer mes façons de jouer, et plus tard mes façons de travailler. C’est bien beau d’avoir inventé un premier jeu, d’avoir connu du succès dans les différents salons, mais suis-je capable d’en inventer d’autres ? Puis un jour, Rock Demers, éditeur de Les contes pour tous, a lancé un appel aux concepteurs de jeux de société. Ça m’a immédiatement intéressé et j’ai créé « Il faut sauver Cléo », un jeu tiré du film La Guerre des tuques. Est ensuite venu La grenouille et la baleine que M. Demers adorait mais, finalement, c’est Radio-Canada qui décidait ce qui allait être commercialisé ou non. Les responsables à Radio-Canada ne retiennent pas mon jeu, mais son favorablement impressionnés par mon aptitude à créer des jeux sur commande. Me voilà donc avec le mandat de créer un jeu sur la série Lance et compte. Un défi comme je les aime. En moins de deux mois, le défi était relevé. J’ai aussi créé un jeu sur les Schtroumpfs, en utilisant les figurines comme pièces de jeu. Je peux aussi vous faire courir sur le circuit Gilles Villeneuve. J’ai également proposé un jeu pour le 25e anniversaire du Festival de Jazz de Montréal. Aujourd’hui, j’invente des jeux d’écriture pour ceux qui aiment écrire. Mais mon bijou demeure La fièvre du football qui est aujourd’hui devenu un jeu de société réalité : « La conquête du DICEBOWL ». Faut croire que je ne serai jamais capable d’arrêter de composer… et je ne m’en plains pas. Quel amateur de football n’a pas comparé le football, style américain, à un jeu d’échecs ? Qui n’assiste pas à un match de football, autant sur place que sur son divan, sans devenir un gérant d’estrade à un moment donné de la partie ? La fièvre du football répond à ces deux attentes. Vous êtes l’instructeur-chef de votre équipe, composée de joueurs aux talents différents qui évoluent sur un terrain quadrillé. Les déplacements permis, autant ceux des joueurs que du ballon, sont déterminés par une confrontation de dés continuelle. L’un vous oblige à devenir stratégique, l’autre à subir les mêmes émotions qu’un instructeur durant la partie. Et ça, je vous le garantis.