Hommages à nos inventeurs

Génératrice électromagnétique

Dans un de ses films préférés intitulé Intraterrestre, par peur d’une guerre mondiale, l’acteur principal se fabrique un abri sous-terrain et y demeure pendant 35 ans. Pour s’éclairer, il se fabrique une génératrice. Et pourquoi pas, se dit Stéphane, pourquoi une telle machine ne pourrait-elle pas vraiment exister ? Sa décision est prise : c’est lui qui va la créer. Mais il n’a aucune connaissance en électricité. Il décide donc de pallier ce problème en se rendant à la bibliothèque pour y ramasser tout ce qu’il peut trouver de livres sur les principes de base de l’électricité. C’est ainsi qu’il apprend à lire les schémas électriques. À cette époque, pour gagner sa vie, il est devenu camionneur. Rien à voir avec son rêve d’une génératrice électromagnétique, mais il faut bien manger. Son salaire est modeste et il doit se contenter d’acheter les composantes de sa machine une à une. Faut dire que Stéphane est alors père de quatre garçons. Son atelier, ou laboratoire si vous préférez, est situé dans le vestibule de l’immeuble à logements où il habite. Son propriétaire est impressionné par sa détermination à arriver à ses fins et fait preuve de tolérance à son endroit. Un premier prototype est finalement construit, mais les résultats sont décevants. Pas complètement cependant, car son principe fonctionne, sauf qu’il ne conserve pas l’énergie produite. Stéphane réalise alors qu’il lui manque un accumulateur d’énergie. Et c’est en se servant des pièces provenant de sa radio d’auto qu’il remédiera à ce problème. Cette fois, ça fonctionne, et très bien. Un soir qu’il s’affairait à améliorer les performances de sa génératrice, un homme arrive pour visiter le propriétaire de l’immeuble. Intrigué par la présence de Stéphane sous l’escalier, l’individu s’informe sur l’objet de ses travaux. Stéphane lui fait une démonstration de sa génératrice et le visiteur est stupéfait. C’est que Luc Brault, l’homme en question, habite Kuujjuaq dans le Grand Nord où on utilise des génératrices au diesel dans les mines. Il demande donc à Stéphane s’il peut lui en fabriquer une. Mais Stéphane n’a pas les 3.800$ nécessaires à l’achat des composantes pour sa fabrication. L’individu lui demande donc d’attendre et quitte l’immeuble pour revenir 20 minutes plus tard avec 3 800 $ en main. Trente jours plus tard, la génératrice est envoyée à Kuujjuaq par bateau. Entre-temps, Stéphane a pris soin de se présenter à l’Inventarium pour protéger son invention par un brevet provisoire. Son deuxième client, paraplégique celui-là et habitant Saint-Hubert en banlieue de Montréal, utilisait une génératrice à essence. Mais celle-ci était trop bruyante et les voisins l’ont obligé à s’en débarrasser. Il utilise maintenant la génératrice de Stéphane et en est extrêmement satisfait. Et ses voisins aussi… Conscient de l’importance de sa découverte comme de son manque de scolarité, il comprend que pour démarrer une production à plus grande échelle, il lui faut des partenaires. Il approche donc Sylvain Chartier, son beau-frère, ainsi qu’un ami, Yanick McBeth. Ces derniers croient suffisamment au projet pour abandonner leur emploi et se lancer dans l’aventure. Pendant une année, ils travailleront dans un tout petit garage, jusqu’à ce que le produit soit parfaitement au point. Aujourd’hui, ils sont installés dans une bâtisse de 4 000 pieds carrés, le produit est certifié CSA et la production est sur le point de débuter. Le marché visé : celui des voiliers et des camions blindés de transport d’argent, dont plusieurs instruments intérieurs fonctionnent sur le 110 volts. Ils ont également été approchés par l’armée canadienne, mais pour des raisons qui demeurent secrètes pour le moment. Quand je vous disais que Stéphane Mercier était un autodidacte !