Hommages à nos inventeurs

Le labyrinthe de l’Imaginaire

Les oeuvres de ce génie ont été exposées un peu partout au Canada et même aux États-Unis. En 1997 et 1998, son exposition Romantisme post-moderne occupait la plus grande salle du musée McCord à Montréal. Un succès monstre. À la demande de la direction, c’est dans une salle contiguë à son installation qu’il crée les ateliers de recyclage créatif Totem Cinétique, pour les enfants de 7 à 12 ans. Il animera ensuite ces ateliers atypiques pendant près de dix ans dans les écoles, collèges, université (UQAM) et en ateliers pour tous : Fêtes de la terre, Musique à Tremblant, Fête du Canada, Centre des sciences, Tohu, etc. Les oeuvres de Veilleux sont essentiellement faites avec des objets de récupération, industriels ou familiers, qu’il transforme, robotise et met en Situations paradoxales. Ses machines sont en général accompagnées de « textes pataphysiques » qui précèdent, accompagnent ou prolongent l’action des machines. Associant l’électronique, la vidéo, l’écriture, les sciences, le recyclage, dans la « sculpture mécanique », Veilleux innove dans le domaine des arts visuels par la réalisation, à grande échelle, d’installations monumentales luminocinétiques, sonores et interactives, composées de machines absurdes hilarantes et de robots humanoïdes parlants touchant un auditoire universel. Au fil des années, j’ai visité la plupart de ses expositions et chaque fois j’en avais le souffle coupé. Il faut voir le visage des enfants durant ses ateliers. Quand je me rappelle comment j’étais distrait à l’école, je ne peux qu’imaginer à quel point il aurait réussi à retenir mon attention. Florent est né à Rivière-du-Loup en 1941. Avec son cours classique et un diplôme d’électronicien en poche, il s’installe en 1963 à Paris où, pendant dix-huit ans, il mènera en France une vie d’artiste autodidacte multidisciplinaire. Auteur-compositeur-interprète, il est lauréat des Relais de la Chanson française en 1966 et enregistre plusieurs disques et se produit avec les Dutronc, Lama, Hallyday, Adamo, Bedos, avec qui il fait Bobino, etc. En parallèle, il excelle dans plusieurs formes d’art : l’écriture, la mise en scène, la photographie, l’audiovisuel, la comédie, les effets spéciaux pour le théâtre et le cinéma, le spectacle pour enfants, alors qu’il écrit et met en scène la comédie musicale dans laquelle il joue, Et la souris répondit bip bip bip, dont un disque sera tiré. De retour au Québec en 1981, il se consacre à l’écriture en publiant La Fiancée d’Archi, à la photographie et la présentation audiovisuelle de l’oeuvre d’art, et à la vidéo expérimentale et d’art. Plusieurs de ses courts métrages vidéo sont sélectionnés par le FIFA et autres festivals de films sur l’art. Il s’adonne aussi à la « sculpture cinétique » et remporte un prix d’excellence au concours Vert du Centre de design de l’UQAM, avec son oeuvre Trophée Joualvert, l’unique œuvre cinétique présentée en compétition. En décembre 1999, avec une quarantaine de ses machines absurdes exposées au musée McCord un an plus tôt, il relève le défi d’animer les vitrines géantes de Tristan & America au Rockefeller Center de New York, avec Le Buggy de l’An 2000, (The Y2K Buggy), une installation extravagante à la démesure de la paranoïa mondiale entourant le passage à l’an 2000. Cent-cinquante pieds linéaires animés 24 heures sur 24, angle 6e Avenue et 49e Rue, du 9 décembre 1999 au 10 janvier 2000. Actuellement, et depuis le 1er mai 2000, on peut visiter sa double « installation mystificatrice » : le PTEEM et le PTEVM, premier transformateur d’électricité en eau et premier transformateur d’eau en vent au monde, au Centre des sciences, dans le Vieux-Port de Montréal. La même année, il participe à la 1ère Manif d’Art de Québec à côté de Wim Delvoye, expose ses installations éclatées au Festival Juste pour rire (Le p’tit musée Veilleux), à la TOHU (Pataville, les Avenues Imaginaires), à la Station C (Délire machinal et Les solutions imaginaires), etc. En parallèle avec l’écriture, la vidéo et les ateliers de recyclage créatif Totem Cinétique pour les enfants, il réalise plusieurs oeuvres géantes luminocinétiques personnalisées, dont l’Arche de la Fuite pour le musée de Trois-Rivières, La Tour de Bébel pour le siège social du Cirque du Soleil, La reine Tricéphale 1er, dans les vitrines de l’Usine 106U. Il est aussi conférencier à Design international à l’UQAM, au cégep l’Assomption, au 24 heures de science à Concordia. Thèmes développés : la pataphysique appliquée, la télévision verticale, la recherche de l’axe du vide… L’exposition Poneylectrik, 33 machines absurdes sous influence, (Maison de la culture Ahuntsic-Cartierville, 6 décembre 2007 au 26 janvier 2008), sera sa dernière installation monumentale. Le pataphysicien de 68 ans focalisera désormais toute son énergie créatrice à faire de 2009 l’année de l’élaboration et de l’ouverture du Labyrinthe de l’Imaginaire, un Centre d’art cinétique unique au monde qui exposera en permanence la totalité de ses oeuvres dont la majeure partie, incluant ses oeuvres géantes comme les Arches, la Tour de Bébel, le Poneylectrik, est entreposée pour un temps limité. Le Labyrinthe de l’Imaginaire n’est pas un rêve, mais une réalité tangible à faire vivre. Il est le fruit de plusieurs rêves réalisés durant toute une vie de création. Il est également un Cirque et un Centre de l’Imaginaire qui assurera la sauvegarde, la pérennité et le rayonnement de son oeuvre magistrale. Cela ne pourra se faire sans aide. À cet effet, Florent Veilleux a récemment transformé son atelier en véritable musée de l’absurde, composé de plus de cent machines « détonantes ». Les autres oeuvres sont inédites et expérimentent de nouvelles avenues tout aussi pataphysiques et paradoxales. Ce musée de l’absurde, qu’il appelle aussi « showcase hilarant de la dérision », est aujourd’hui ouvert aux professionnels des arts et de la culture, aux médias, au collectionneur, à l’investisseur, au mécène, au visionnaire, bref, à toute personne qui, directement ou par voies détournées, permettra au Labyrinthede l’Imaginaire de se matérialiser. Le « showcase hilarant de la dérision » est conçu de telle sorte que, d’entrée de jeu, la réalité bascule à 180 degrés pour faire place à une « aventure libératrice » qu’on ne pouvait croire possible avant de l’avoir visité.